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Michel Fugain 

Fils d'un médecin impliqué dans la Résistance et d'une fille d'émigrés italiens, Michel Fugain voit le jour le 12 mai 1942, à Grenoble.  C'est au lycée, alors qu'il fréquente un jazz club nommé le Lamartine, que Fugain se découvre un intérêt pour la musique.  Après une tentative peu convaincue pour suivre les traces de son père, il abandonne ses études en médecine pour se consacrer au cinéma et quitte pour Paris en 1963.

C'est ainsi que le jeune homme de vingt et un ans est initié à la frénésie de la vie parisienne.  En s'inscrivant à des cours d'art dramatique il fait la connaissance d'Yves Régnier, Patrice Laffont et d'un certain Michel Sardou.  La rencontre avec ce dernier se révèlera déterminante dans la vie de Fugain.  Sardou déclare un jour vouloir passer une audition chez Barclay, réputée maison de disques française.  D'emblée, Fugain propose à son ami de lui pondre une chanson, Le Madras.  D'intérêt naissant, la composition se transforme en une réelle passion, et le compositeur en herbe commence alors à écrire pour d'autres artistes tels que Dalida, Hugues Aufray, et Marie Laforêt.  Le directeur artistique de cette dernière lui propose alors d'enregistrer un disque.  Toujours en quête de fous défis, Michel accepte.

Mai 1966 marque la sortie de son premier 45 tours dont la face A, Un pas devant l'autre.  Mais il faudra attendre l'été 1967 pour la sortie de ce qui deviendra son premier tube, Je n'aurai pas le temps.  L'engouement pour Michel Fugain se confirme par une invitation à se produire en première partie d'Eddy Mitchell à l'Olympia de Paris (1967) ainsi qu'avec une tournée en compagnie de Joe Dassin pendant la chaude saison de 1968. 

Après une période de recul qui dura environ un an, Michel revient en 1970 avec un album éponyme incluant notamment la chanson Comme un soleil, reprise par Nana Mouskouri et qui va devenir un standard international. 

Toujours en quête de renouvellement et sachant bien s'entourer, Michel Fugain décide de monter une troupe.  Onze musiciens-danseurs-chanteurs additionnés d'une quinzaine d'organisateurs et nous voici en présence du Big Bazar.  Si Michel s'était forgé ces dernières années une réputation d'artiste solide et reconnu, l'an 1972 l'a véritablement propulsé dans le firmament des étoiles de la chanson française.  Le premier album de Michel Fugain et le Big Bazar sortira en novembre 1972 et cassera littéralement la baraque.  Jusqu'à la fin de 1976, le collectif accumule les hits et prend un plaisir certain à partager ses créations en trottant à travers la France.  Grâce à des pièces incontournables comme Une belle histoire, Fais comme l'oiseau, Attention mesdames et messieurs et La fête, Fugain et sa bande sont éclaboussés par un succès tel qu'ils réussissent l'exploit de jouer à l'Olympia de Paris à guichets fermés pendant trois semaines (1973) pour y cartonner de nouveau pendant une période de 4 mois (1974).  Le même syndrome se produit au Québec, en janvier 1974, où la troupe présente son spectacle devant des salles remplies à craquer.  En 1975, Guy Latraverse, producteur québécois bien connu, fait venir le Big Bazar afin de les présenter à la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts. Ils y font salle comble pendant près d'un mois, fracassant ainsi le record d'assistance à la Place des Arts pour un artiste étranger, record qui tient toujours aujourd'hui !

À la  fin des années 70, le Big Bazar devient chose du passé et Michel Fugain se retire à l'ombre des projecteurs mettant sur pied un atelier de création, la Victorine, à Nice, activité qu'il poursuivra jusqu'en 1982. 

La tentative de Fugain visant à reconquérir le milieu musical français se voit couronnée de succès en 1988 avec la parution de l'album Des rêves et du vent, incluant notamment la pièce Viva la vida, écrite par Brice Homs, un jeune auteur qui deviendra un fidèle et précieux collaborateur.  Cet album relance sa carrière.  À nouveau, le public est conquis.  Fugain demeure un artiste incontournable qui n'a aucune difficulté à remplir les grandes salles parisiennes.

Sur Sucré-salé, album paru en 1992, Michel signe la musique et s'en remet à Brice Homs pour les textes.  Perçu par plusieurs comme étant l'album de la maturité, Michel semble n'avoir jamais aussi bien exploité son talent d'interprète de mélodies poignantes allant droit au cœur.  Cette période est ponctuée de passages réussis à l'Olympia de Paris.

En 1995, Fugain signe un contrat avec EMI.  Toujours aussi enthousiaste à l'idée de monter sur scène, le chanteur se lance dans une tournée de plus de 200 dates, impliquant un arrêt aux FrancoFolies de La Rochelle en juillet.  En 1996, Michel Fugain traverse l'Atlantique et joue aux FrancoFolies de Montréal, pour poursuivre avec une série de concerts dans la ville lumière.

Mai 1998, nous assistons à la sortie de son 17e album intitulé De l'air.  Cette fois-ci encore, Michel a fait appel à ses fidèles musiciens et auteurs qui le suivent depuis des années.  Préférant écrire pour les autres que pour lui-même, Fugain prend en charge les textes de l'album Français de Michel Sardou paru en 2000, avec lequel il vient de se réconcilier après à une brouille qui a duré 35 ans.  Suite à cette parution, Fugain, alors âgé de 58 ans, sort un nouveau disque, Encore, à travers lequel ses admirateurs retrouvent le classicisme lyrique qui le caractérise tant.

Bien qu'ayant un parcours professionnel sous le signe de la réussite, c'est dans sa vie personnelle que l'artiste fait face à l'épreuve.  Michel est profondément affecté par le décès de sa fille, Laurette, survenu en 2002.  Celle-ci perd son combat contre la leucémie et s'éteint à l'âge de 21 ans.  Pour Michel, le début du siècle ne fut, hélas, pas écrit sur une partition, mais sur des rapports médicaux. Le bilan est lourd : fracture de l'âme.

Meurtri. Changé à jamais. Mais debout, il a pris sa plume, compté ses pairs, et leur a écrit une lettre:

 « Mes chers consoeurs et confrères,

 Il y a quelques mois, déstabilisé par un séisme personnel, je me suis promis de ne m'attacher, désormais, qu'à "l'essentiel" (...)

Je crois qu'il est temps de mettre un point d'orgue à ma partition. J'aimerais que ce point d'orgue soit un hommage à vous.  Si mon envie vous parle, appelons-nous, voyons-nous, bouffons, buvons, déconnons, ne serait-ce que pour rattraper un peu du temps perdu". 

Cette lettre donna naissance à Bravo et merci. Se voulant un hommage envers ses confrères, ce dernier-né, sorti en France en février 2007, est sur les tablettes des disquaires québécois depuis le début de 2008. Cette nouvelle création met à l'honneur des textes de Charles Aznavour, Françoise Hardy, Maxime Le Forestier et autres sommités de la chanson française alors que les musiques, elles, sont composées par Fugain, qui y a retrouvé une motivation qui n'était plus au rendez-vous suite au déchirement provoqué par la mort de sa fille.

En novembre 2004, retraçant près de 40 ans de carrière, une compilation des plus grands succès de Fugain paraît en France. Dès la mi-novembre 2007 les québécois ont eu droit à leur tour à l'œuvre de celui qui est sans doute le chanteur français le plus populaire de l'histoire du Québec, dans une version spécialement adaptée pour eux.  Après 10 ans d'absence sur scène, les québécois sont demeurés fidèles à Michel Fugain, comme en témoigne les salles combles lors de ses passages au Québec en 2008. Que ce soit au Théâtre St-Denis ou à la Place des Arts lors des FrancoFolies de Montréal, Michel Fugain a su reconquérir le coeur du public et rallier les critiques.

Les mélodies accrocheuses de Fugain séduisent immanquablement.  Les textes poétiques de ses chansons sont encore d'actualité et rejoignent toutes les générations.  Aujourd'hui encore, jeunes et moins jeunes fredonnent les notes des nombreux classiques qui composent son vaste répertoire.  Michel Fugain figure incontestablement parmi les grands de la chanson française et sa musique est synonyme d'espoir et d'amour de la vie.

 

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